Born under a bad sign

Albert King

BORN UNDER A BAD SIGN

Ce disque est presque unique en son genre dans l’histoire du rock: il s’agit de l’exact mélange entre blues et soul. Non pas l’un mâtiné avec l’autre, ça on a pu l’entendre assez souvent, malheureusement, mais le parfait amalgame de ces deux genres.

A ma droite, Albert King, bluesman dans la plus pure tradition, se faisait passer pour le frère de B.B., s’accompagnant de sa guitare Lucy.
A ma gauche, Booker T and the MGs, backing band emblématique du label Stax, reconnu entre autres et avant tout pour ses collaborations inoubliables avec Otis Redding.

King en est venu à enregistrer avec eux en signant en 1966 pour le label Stax. Mais bien loin de vendre son âme pour quelques deniers (son âme, en bon bluesman, il l’avait déjà vendue au Malin), il va signer là un album tout ce qu’il y a de plus blues. Evidemment, à l’écoute de ce disque, on entend ces cuivres, ces rythmiques R&B fines et racées qui sont la marque de Booker T and the MGs. Mais si l’on fait abstraction de cet enrobage (certes parfait), il reste le blues, la voix rocailleuse, la guitare rugueuse, et les thèmes traditionnels (amours ratés, malheurs et tracas quotidiens).

Evidemment, en 1966, le blues, c’est chez les petits Anglais qu’il fait l’actualité. Quoi qu’il en soit, le bon vieux vrai blues, c’est chez Albert King, sorte de Buddy Guy sous prozac, qu’il faut aller le chercher, ne vous y trompez pas ! Albert King continua sa carrière chez Stax, toujours sur le même créneau mêlant blues et soul, avec plus ou moins de bonheur. Mais son chef d’œuvre en forme de galop d’essai reste « Born under a bad sign » album charnière qui annonça le tournant (la trahison ?) que connut le blues par la suite, en étant de plus en plus intégré à des styles musicaux différents.

 

  Jim Bee