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The Gun Club |
FIRE OF LOVE |
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Avant de parler de l’album proprement dit, parlons
de son concepteur, l’âme (damnée) de Gun Club : Jeffrey
Lee Pierce. Cet homme a naturellement en lui ce que des générations
de petits blancs cherchant à faire du blues ont recherché en
vain : à savoir le démon chevillé au corps. Et oui, talentueux
ou pas, jamais un blanc n’avait réussi à retranscrire
l’énergie et l’intensité propre au blues sans le
travestir en autre chose. Jeffrey Lee Pierce, c’est
l’artiste torturé, condamné aux abus, qui tente d’exorciser
sa folie dans des chansons-brûlots, et qui pour cela retourne aux racines
mêmes du rock, le blues, ce genre qui n’accepte pas les compromissions.
Passé à la moulinette Gun Club, il
en ressort un rock brut et énergique, hanté, rythmiques endiablées
rehaussées encore par des accélérations dûes au
formidable jeu de slide de Jeffrey Lee.
Attention aux auditeurs peu avertis, cet album propage une folie communicative,
alors n’en abusez pas trop. Ou, plutôt, si, mais ne vous étonnez
pas si des penchants bizarres s’éveillent en vous. Avant de mettre
l’album, assurez vous bien qu’aucun ennemi personnel ne rôde
par là, vous pourriez avoir subitement envie d’en finir avec
lui. Ecartez vos amis, écartez vos ennemis, vos amours et tout instrument
contondant, mettez la musique à fond et hurlez avec Jeffrey Lee, soyez
avec lui une bête de sexe, Jack non pas éventreur, mais Jack
le fossoyeur séducteur, prenez votre caisse, et tracez sur l’autoroute
au milieu des fantômes, oui, hurlez, prêchez le blues de concert
avec Jeffrey Lee, gravissez des montagnes, en forme de quête initiatique
et trouvez là la flamme primordiale (le démon ?), redescendez
et retrouvez vos addictions sexuelles, prenez le train noir pour revenir chez
vous, arrêtez la chaîne hi-fi et… soufflez un coup.
C’était bon ? Alors, nul besoin d’en dire plus ! L’écoute
de Fire of love se vit, elle ne se raconte pas. Et si vous
aimez ça, alors repartez pour un tour avec Miami,
second album et autre sommet de la discographie de Gun Club.
| Jim Bee |