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Arcade Fire |
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Depuis l’avènement des Strokes, chaque année nous apporte sa révélation. L’an dernier, le groupe phare s’appelait Franz Ferdinand, et les White Stripes avant eux… Cette année, les heureux élus proviennent du Canada (eh oui, la patrie des chanteuses beuglantes de textes insipides), et ils devraient marquer leur époque, leur coup d’essai se révélant un coup de maître encensé par tous les pontes de la « profession », tels David Byrne, David Bowie, U2…
En quoi le premier album d’Arcade Fire, Funeral, est-il (tout simplement) génial ? C’est simple, tous les ingrédients sont réunis pour en faire une référence. L’émotion tout d’abord, celle de la voix étranglée et parfois rageuse de Win Butler, juxtaposée à la légèreté du timbre diaphane de sa compagne, Régine Chassagne. La simplicité, celle de morceaux efficaces, immédiats, sans ambages (quatre d’entre eux s’intitulent d’ailleurs Neighbourhood). La gravité, celle des thèmes abordés dans les textes anglo et francophones (écrits dans un contexte douloureux), la mort, la maladie, l’amour, l’enfance, la perte de l’innocence. La beauté, celle des chœurs virtuoses, de l’instrumentation grandiloquente (mais jamais lourde) et de tous ces arpèges s’entrecroisant au son des guitares, violons, vibraphones, percussions…
Tout au long des 10 titres de l’album, une alchimie entre tous ces ingrédients se dégage, formant une musique d’une véritable originalité (même si on peut y retrouver quelques références, telles les Talking Heads, Joy Division ou autres Flaming Lips), une sorte de pop baroque, ralentissant et accélérant sans cesse son rythme (le paroxysme étant atteint dans le sublime Wake Up), tour à tour massive et enlevée, solennelle et intime, mélancolique et joyeuse, désespérée et nostalgique, posant un voile noir de deuil pour mieux nous faire savourer la vie.
| ZeRipper |