| Iggy Pop |
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2003 est-elle une année bénie ? S'il est vrai
qu'elle a permis à toute une kyrielle de groupes en The d'émerger
sur le devant de la scène, elle a surtout vu le retour sur les planches
d'un des plus fameux rock band de tous les temps : les Stooges. 30 ans après
leur séparation, et les 3 albums laissés en héritage
(The Stooges, Fun House et Raw Power), voici Iggy et les frères Asheton
de nouveaux réunis, le temps d'une tournée éclair et
de l'éclosion de quatre perles ornant le dernier album de l'Iguane,
Skull Rings.
Et quid de cet album ? Au vu des dernières rondelles de la cock-star,
très loin de l'époque bénie de sa collaboration avec
David Bowie, on pouvait s'inquiéter (à juste titre). D'autant
plus que c'est le morceau enregistré avec Sum 41, un des groupes les
plus laids de la scène actuelle, qui a été mis en avant
sur les ondes.
Et pourtant, à 56 balais, monsieur Pop nous sort le putain d'album
rock attendu depuis des lustres. Et le vieux briscard s'est sacrément
entouré ! Outre les 4 coups d'éclat des Stooges-presques-au-complet
et Sum 41 (berk !) sur un seul titre (ouf !), nous avons droit à 4
autres duos : 2 avec Peaches et 2 avec Green Day. Pour le reste, Iggy renouvelle
sa confiance en son groupe actuel, les Trolls, mis à part sur un morceau
où il préfère se la jouer solo.
Chapitre 1 : Iggy et les Stooges
On attendait beaucoup des retrouvailles entre les anciens complices de la
Motor City. Et dès Little Electric Chair,
on retrouve des Stooges plus en forme que jamais. L'alchimie à nouveau,
entre les aboiements de guitare et les riffs biens crades du père Ron,
la section rythmique foutrement efficace du petit Scott et la voix punchy
et éraillée d'Iggy. Tout comme Skull Ring
et Loser. Une vraie bouffée d'adrénaline
avec des refrains taillés au burin dans du marbre gris. Par contre,
Dead Rock Star est un peu plus particulier. Iggy
y imite Bowie à la perfection, pour affirmer qu'il est une vieille
star du rock décrépie… Simple boutade ou règlement
de compte ?
Chapitre 2 : Iggy et Peaches
Ces deux là ont l'air de s'entendre comme larrons en foire, et ça
se sent dès la première écoute de leurs deux morceaux
communs. Et même si on n'aime pas Peaches, il faudrait être de
mauvaise foi pour ne pas apprécier Motor Inn,
un morceau sur-vitaminé avec un binôme très en forme.
On ne peut pas en dire autant de Rock Show qui,
même si la complicité de leurs deux voix est sympa à la
première écoute, devient très vite lassant.
Chapitre 3 : Iggy et Green Day
OK, Green Day, c'est loin d'être le meilleur groupe sur Terre. Il n'empêche
que cette collaboration est peut-être la vraie bonne surprise de cet
album. En effet, si Supermarket est un morceau punkabilly
assez agréable, Private Hell est probablement
le meilleur titre de l'album. On y retrouve un Iggy chantant avec une voix
posée, un peu façon The Passenger, avec en fond un accompagnement
tout aussi sobre qu'efficace, rappelant que Green Day, c'est aussi une poignée
de bons musiciens.
Chapitre 4 : Iggy et Sum 41
Stupeur ! On arrive à peine à reconnaître la voix du sieur
Osterberg sur ce morceau (Little know it all) ouvertement
formaté pour la radio et destiné à amener les gamins
de 14/16 ans dans l'antre de l'Iguane. Ca reste écoutable, mais bon,
ce n'est qu'un coup marketing, pas forcément souhaité à
l'origine par Iggy (mais plutôt par sa maison de disque) qui affirme
: Honnêtement, Sum 41 est un groupe dur, vulgaire et avec un petit potentiel
artistique.
Chapitre 5 : Iggy et les Trolls
Lors du dernier opus (Beat'em Up), on avait classé les Trolls parmi
les groupes métalleux, hyper-bourrins, vrilleurs de tympans et sans
une once de talent. Et bien, une des grandes réussites de Skull Rings
est de nous avoir bluffés sur ces gars là! Eh oui, les Trolls
savent jouer du rock, et ils le font plutôt bien. Il suffit d'écouter
Pervert in the Sun, Blood on my Cool ou
Inferiority Complex pour en être persuadé.
Ils sont le digne support d'un Iggy au mieux de sa forme, tour à tour
énervé ou calme, nasillard ou crooner, vocodisé ou naturel.
Chapitre 6 : Iggy tout seul
Dans cet immense désert électrifié, il fallait bien un
petit oasis de calme et de douceur. Celui-ci se nomme 'til wrong
feels right. Iggy nous y exécute un numéro de
folk-singer à la Dylan, seul avec sa gratte, mais avec un texte à
sa sauce (agrémenté de piece of shit ou de fucking
head).
En conclusion, Skull Ring est une vraie résurrection pour un Iggy Pop qui s'est fourvoyé par le passé dans des sentiers pas très vertueux. Il a retrouvé le droit chemin et a bâti cette mosaïque directement posée au fronton du temple sonique du vrai bon rock'n'roll.
| ZeRipper |