| FESTIVAL LES INROCKS 2003 La Cigale- 8 & 9/11/2003 |
![]() |
Samedi 8 Novembre :
La soirée débute par un set énergique et excitant de
Stellastarr*, la nouvelle révélation new-yorkaise
du moment. La musique du trio évoque tour à tour les Buzzcocks,
Blondie ou les Cure, d'ailleurs la voix aigue du chanteur rappelle par moments
le timbre du Robert Smith des débuts. Idéal pour chauffer la
salle.
Un peu plus tard, c'est au tour des Sleepy Jackson de rentrer
dans l'arène. Personnellement je connaissais le single Good dancers
une merveille de bijou pop ciselée à l'école des Beach
Boys et je savais que l'album Lovers avait été
encensé par tous les critiques. On retrouve sur scène la richesse
des harmonies vocales et le finesse des compositions de Luke Steele, mais
je ne m'attendais pas aux improvisations totalement grisantes du groupe néozélandais.
Comme quoi pop peut parfois rimer avec rock'n roll.
La musique de Martina Topley-Bird est agréable à
l'image de la demoiselle. Mélange de genres et de couleurs, plutôt
soul dans l'esprit, elle tranchait un peu avec le reste de la programmation.
Nouveau changement de décor et voilà les Warlocks,
le groupe que j'attendais avec impatience. De la vraie musique de drogués
il suffit d'en juger par les 2 titres Shake the dope out et
The dope feels good. Le groupe de Los Angeles est
le digne héritier des grands allumés post flower power, du genre
coriaces, camés jusqu'au trognon, Hawkwind et Steppenwolf en tête
de liste. Il y a aussi l'influence Velvet Underground bien sûr, limite
pompage de riffs, mais bon c'est tellement agréable. Et la puissance
sonore parlons-en ! 2 batteries, 4 guitares, 1 clavier et 1 basse, soit une
section rythmique de tonnerre qui ferait danser un cul-de-jatte.
La tête d'affiche se profile : honneur à The Coral
un groupe anglais sans pose échappé des clichés de la
britpop pour s'acoquiner avec le psychédélisme béat du
San Fransisco des années 60. C'est moins ma tasse de thé mais
les gars assurent avec professionnalisme et le public en redemande. La partie
s'achève en beauté.
Dimanche 9 Novembre :
Le show ébouriffant de la veille ayant placé la barre assez
haut, c'est avec précipitation que j'ai pu prendre une place pour la
suite des festivités. Et je n'ai pas eu à le regretter…
Et pourtant à peine arrivé à la Cigale, première
mauvaise nouvelle : les Black Keys ont annulé leur
passage. Dommage ! Mais ça a tout de même permis aux autres groupes
de faire des sets un peu plus long.
Premiers à entrer en scène, My Morning Jacket
a rendu une copie plus qu'impeccable. Doté de musicien talentueux et
d'un chanteur à la chevelure abondante, la barbe fournie, la guitare
galopante et la voix alternant calme et excitation, ce fut un véritable
marathon de riffs caressant des morceaux évoquant un Granddady dopé
à la sauce Crazy Horse. Une vraie révélation !
Mais le meilleur restait encore à venir. Pas facile de passer après
une telle mise en bouche. Et pourtant, les Bellrays, forts
d'une grosse réputation scénique, ont répondu présent.
Une chanteuse rock-soul hyper-énergique façon Tina Turner agrémenté
d'un fond musical de garage-rock dynamite fonçant à 100 à
l'heure, l'esemble forme un cocktail qui ravage tout sur son passage, explose
amplis et tympans, fait bouger les foules à leurs pieds jusqu'à
l'épuisement complet.
Forcément, à côté d'une telle prestation, les Raveonettes
ont paru un peu fades. Mais les amateurs de noisy pop façon Jesus and
Mary Chain ont retrouvé sur scène ce qu'ils ont pu découvrir
en album : la superposition des voix du duo danois (accompagné ce soir
là d'un guitariste et d'un batteur) sur fond de guitare saturées
à mort. Un bon show tout de même, surtout pour les fans.
Les derniers, et non les moindre, ont été les Hot Hot
Heat. Doté d'une expérience de la pop music assez convaincante,
leur prestation a été plutôt sympa. Niveau musique, c'est
pas aussi fouillé que pour les groupes précédents, mais
le manque d'originalité est largement compensé par l'énergie
déployée par le chanteur, courant en tout sens vers un public
qui lui tend les bras, achevant son set par un bain de foule et de sueur bien
mérité.
| A.L. et ZeRipper |