Tindersticks - La Cigale

TINDERSTICKS

La Cigale- 26/09/2003

Oubliez les cadors de la britpop, Coldplay et autres Starsailor : le meilleur groupe anglais actuel ne sonne pas comme les Beatles et a pour nom Tindersticks (petit bois en Français).

L'alchimie qui leur a permis de conquérir une audience de plus en plus importante et notamment dans nos contrées repose essentiellement sur deux éléments. Il y a tout d'abord la voix saisissante de beauté de Stuart Staples, un timbre immédiatement reconnaissable, très hazlewoodien dans l'esprit, on en pleurerait de bonheur. Et puis il y a l'écrin somptueux associé à cette voix : quelques notes de piano cristallines, une basse et une guitare sans fioritures et surtout le violon de Deacon Hinchcliff qui contribue beaucoup à l'atmosphère mélancolique de l'ensemble.

Pour sceller les retrouvailles avec le public français, le groupe débute par un Trouble every day émouvant, bande son du dernier film de Claire Denis qui mettait en scène des amours anthropophages de carnassiers romantiques. Puis suivirent des titres plus beaux les uns que les autres, on n'aurait pas su dire sur quels albums ils se trouvent mais on s'en foutait. Personnellement j'ai un petit faible pour des titres comme Running wild, Desperate man, Another night in ou Sometimes it hurts, mais j'en oublie. Hinchciff passe au chant sur Until the mornig comes, et on se dit qu'il n'a pas à rougir de la comparaison.

Depuis le début des années 90 et les prémices à Nottingham, l'eau a coulé sous les ponts mais les Tindersticks ont creusé leur sillon. Pas de virage électro, métal ou bossanova en vue, juste une volonté de parfaire un art de la composition triste et de l'arrangement rarement égalé. Dans le style, peu d'artistes peuvent rivaliser, si ce n'est le combo wagnérien américain Lambchop ou le concitoyen Richard Hawley.

 

  A.L.