Les Wampas - La Cigale

Les WAMPAS

LA CIGALE - 13/06/2003

Il est certains concerts dont le calme vaporeux et l’ambiance voluptueusement planante fait entrer chaque membre du public dans une transe extatique proche de la béatitude céleste. Et puis il y ‘en a d’autres qui déversent, à grands torrents soniques bouillonnants d’électricité, des flots d’adrénaline brute sur la plèbe époustouflée grouillant en sueur au pied de la scène. Un concert des Wampas se range sans la moindre hésitation dans la deuxième catégorie, au côté des autres groupes survivants du punk-rock français.

Avant d’assister à un concert des Wampas, un peu de préparation est nécessaire : de la gym, de la musculation, des sucres lents, quelques litres de bière, voire quelques substances dopantes (et légales, si possible), et leur dernier album Never trust a man who after having been a punk is now playing electro. L’idéal serait bien entendu de recruter pour quelques semaines le préparateur physique de Didier Wampas, dont la performance scénique est comparable à celle d’un marathonien adoptant une allure de sprinter.

Peut-être qu’en ce vendredi 13 les forces de sir Wampas ont été galvanisées par les sept caméras braquées en permanence sur la scène et la foule en délire. En tout cas, sa performance a réellement été impressionnante, de quoi provoquer une dépression nerveuse carabinée chez le pauvre réalisateur chargé de la mise en boîte du concert. Car un concert des Wampas, c’est avant tout plus d’une heure et demi de joyeuse bousculade d’un public déchaîné, remuant et pogotant comme des possédés sous les coups de boutoir d’un chanteur à l’énergie diabolique.

Et c’est là que se juge la force d’un groupe : sur scène ! Et les années d’entraînement, depuis les premières fêtes de l’Huma du début des années 80, n’ont pas été perdues. Didier Wampas aime avant tout jouer pour et avec son public, ne perdant pas une occasion de s’y jeter à corps perdu, que ce soit dessus, dessous ou au milieu. Il suffit de le voir porté sur une chaise dans la fosse lorsqu’il interprète les bottes rouges ou bien penché, attentif, psalmodiant de doux noms vers le public accroupi lorsqu’il évoque la vie, la mort et la résurrection d’un papillon ou même provocant les contorsions de la foule (et écrasant sa guitare sur la tête d’un fan un peu trop exhibitionniste) au moment de l’entame de morceaux à l’énergie ébouriffante tels que Comme un punk en hiver, Manu Chao ou Jalabert.

Et quand tout semble s’arrêter, ça repart de plus belle pour un rappel d’anthologie. En interprétant Kiss, Dider ne peut s’empêcher de faire le tour de la foule, distribuant à droite et à gauche les bises tant attendues, escaladant même le balcon de la Cigale pour attendre les fans les plus hauts perchés. Et en enchaînant avec une légère reprise de Où sont les femmes? / Petite Fille, il réussit l’exploit de se faire porter sur scène à bout de bras par une assemblée féminine entièrement conquise. Hélas les bonnes choses ayant toujours une fin, et vint le temps de l’ultime et monstrueux slam du Did, qui a achevé de nous convaincre que, tout comme dans les paroles gentiment crétines de , Dider Wampas est le roi !

  ZeRipper