James Ellroy - Mad dog's glory

 

 

 

 

 

 

 


Il peut sembler prématuré d’établir une biographie de James Ellroy, tant celui-ci est aujourd’hui au mieux de sa forme, mais son existence lui permettrait sans nul doute de figurer dans un de ses romans.

Né en 1948 à Los Angeles, ses parents se séparent en 1954 et sa mère obtient sa garde.. Ils déménagent tous deux à El Monte, un faubourg assez pauvre de LA en 1958. Le 22 juin 1958, il a tout juste 10 ans, sa mère est retrouvée morte, assassinée. Le meurtrier n’a lui jamais été retrouvé.

Vivant alors chez son père, James est souvent livré à lui-même, et il connaît alors la délinquance (il cambriole des maisons pour renifler de la lingerie) . En 1965, James est incontrôlable et est renvoyé de la Junior High School. Sur ordre de son père, il s’engage dans l’armée, mais se fera réformer dès que celui-ci mourra. Il a alors 17 ans.

La mère de James Ellroy : Jean
James Ellroy à 10 ans
Articles relatants le meurtre
James Ellroy en prison

 

Entre 1965 et 1977, il continue à abuser de l’alcool et des drogues. Il dort dans les parcs, vit de petits boulots et de menus larcins, passe une partie de sa vie en prison (pour de petites peines) et continue à cambrioler les maisons, tout autant pour le frisson ressenti que pour les bénéfices qu’il peut en tirer. Il cessera cette activité après l’assassinat de Sharon Tate par les dingues de Charlie Manson.

Il tombe malade en 1975 et doit changer de mode de vie. Il arrête de boire, puis stoppe les amphétamines et commence à travailler comme caddie dans un club de golf de Los Angeles. Il écrit alors BROWN'S REQUIEM. Ce premier roman est une part de lui-même, puisqu’il y met en filigrane le monde des Caddies de LA, son amour de la musique classique, ainsi que son penchant pour la bouteille. Il met en scène un détective privé solitaire et alcoolique, de sa déchéance à sa rédemption, sur fond de corruption et de violence sadique dans un monde de psychopathes. L’année suivante, il écrit CLANDESTIN, où il conte la longue et douloureuse traque d’un policier dont la maîtresse a été assassinée.

Brown's Requiem
Clandestin


James Ellroy décroche alors un contrat pour écrire cinq romans mettant en scène Lloyd Hopkins. Il écrit donc Lune sanglante, puis A cause de la nuit et enfin La colline aux suicidés. Lloyd Hopkins, personnage ambigu et traumatisé par son enfance, se croit investi d’une mission divine et utilise pour en venir à bien une conception de la justice brutale et expéditive. La frontière entre le flic et le psychopathe est alors bien mince. Le Dog n’écrira pas les deux derniers tomes, son personnage commençant à l’ennuyer. Il dira de lui : « Seigneur Lloyd ! Pauvre baiseur, avec ton angoisse, ta façon de courir les femmes, lâche-moi un peu pauvre connard ! »

La trilogie Llyod Hopkins
Lune Sanglante
A cause de la nuit
La colline aux suicidés


Il s’attaque alors a un sujet qui le passionne, le Los Angeles des années 1940 et 1950 (« La perversion (y) est partout présente, tapie en ellipses, à donner le frisson »), dont il tirera une tétralogie. Il entame celle-ci avec LE DAHLIA NOIR, racontant l’enquête de deux policiers sur le meurtre réel et sordide d’Elizabeth Short, jeune starlette d’Hollywood, le 15 janvier 1947. Ce livre est dédié à sa mère (on devine bien pourquoi !). Il écrit ensuite LE GRAND NULLE PART, qui met parallèlement en scène 3 policiers : Danny Upshaw enquêtant sur un crime sexuel, Considine, un ripoux au service de politiciens, et Buzz Meeks, qui est passé dans les rangs de la mafia et se joint à la lutte contre le communisme. Les deux romans suivants, L.A. CONFIDENTIAL et WHITE JAZZ, sont construits de manière similaire, décrivant le destin de 3 policiers dont les affaires s’entrecroisent dans une intrigue à tiroir. Dans ces 4 romans plus qu’ailleurs, le style « ellroyen » est direct, haché, sauvage, pas toujours facile à lire, et parfois difficilement soutenable. Il mêle les intrigues, et réunit les personnages fictifs et réels (tels que Mickey Cohen, le grand parrain de Los Angeles). Sa vision de la Cité des Anges tourne au cauchemar, et on y retrouve une galerie de psychopathes, d’homosexuels refoulés, de dégénérés, de sadiques, de flics corrompus et violents, de putes machiavéliques, des crimes atroces et des mutilations. A l’en croire, il n’y a pas de gentils ni de méchants, mais des gens oscillant entre le damnation et le rachat.

Le quatuor de Los Angeles
Le dahlia noir
Le grand nulle part
L.A. confidential
White jazz


Il a également écrit d’autres romans, tels qu’UN TUEUR SUR LA ROUTE, mettant en scène le parcours d’un psychopathe homosexuel ; des recueils de nouvelles, tels que DICK CONTINO'S BLUES; et une autobiographie, MA PART D'OMBRE, racontant dans son style inimitable l’enquête qu’il a mené avec un détective privé pour retrouver le meurtrier de sa mère.

Un tueur sur la route

Dick Contion's blues
Ma part d'ombre


Enfin James Ellroy s’est attaqué ensuite à un projet ambitieux : raconter en 3 tomes l’histoire des Etats-Unis des années 1960, mettant en lumière corruptions, chantages et manipulations. Dans AMERICAN TABLOID, il trace le parcours d’un certain John Fitzgerald Kennedy, depuis sa candidature à la présidence jusqu’à son assassinat. Il mélange une fois de plus personnages réels et imaginaires, ayant sur eux tous un regard noir et sans concession. Personne ne sort indemne de ce roman, pas même JFK ! Il poursuit avec AMERICAN DEATH TRIP, où il retrace la période comprise entre l’assassinat de Kennedy et la guerre du Viet-Nam. La traduction y fait enfin part de son style: des phrases courtes, souvent sans verbe, un style haché, tranchant comme un coup de rasoir, difficile à aborder mais nécessaire pour son auteur.

Les deux premiers épisodes de la vision ellroyenne de l'histoire des Etats-Unis
American tabloid
American death trip



Dans toute la noirceur de son œuvre, James Ellroy peut être comparé à Dostoïevski ; mais si les crimes y sont nombreux et multiples, le châtiment est unique: vivre.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le "Dog", voici un site intérressant et très complet : http://www.edark.org/ellroy/french/

James Ellroy au salon du livre de Paris

 

 

  ZeRipper

 



MAD DOG'S GLORY
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Roman noir
: fiction romanesque, notamment policière, qui unit les scènes de violence à la peinture réaliste d’une société sordide... par définition, un roman de James Ellroy est un roman très très très noir.

JAMES ELLROY