L'amour est la plus belle supercherie

L'amour est la plus belle supercherie...

...que le 20ème siècle ait vu érigé sur un autel intouchable. Passée la seconde guerre mondiale, nos sociétés occidentales n’ont fait que surenchérir en ce qui concerne l’amour. Dès que la première nécessité ne fut plus de se nourrir, l’homme a commencé à penser à son second besoin bestial en importance : baiser, procréer ; Alors on a inventé une façade pour camoufler cela derrière une apparence respectable, voire enviable.
Car finalement, quel est cet amour qu’on essaie de nous vendre ? (vendre est bien le mot)
C’est ce sentiment d’oppression de la part de la société que tout le monde ressent à rester célibataire à partir d’un certain âge (vouloir rentrer dans la norme), un besoin physique et physiologique (l’homme est, ne l’oublions pas, avant tout un animal) et, enfin, grâce à tout ce bourrage de crâne dont nous sommes, en sourdine, plus ou moins consciemment la cible, et qui contribue à élever l’amour, la recherche de l’amour, son accomplissement, comme le faîte de la vie de l’être humain. Ca a bien marché, car de nos jours les gens ne se posent certes pas la question. Ca fait partie du paysage.
Alors quoi ? On a d’une part l’aveuglement des masses et un cynisme énorme de la part de ceux qui profitent de cet état de fait pour s’enrichir. L’amour,ça se fabrique, ça se vend, et c’est une énorme source de profit (le paradoxe, c’est que ceux là même qui en profitent sont dans le système et se voient eux-mêmes – pression sociale oblige – obligés d’être victime de la machination, bien fait pour eux).
Voilà où on en arrive au rock : le rock, c’est la partie musicale, artistique, qui exprime l’émergence de ce sentiment qui, d’un coup, prend tellement d’importance qu’il faut qu’il imprègne chaque cm2 de notre vie. C’est la façon qu’ont trouvée les industriels du disque de se servir de l’amour pour faire leur beurre. Comment expliquer 50 ans de textes au raz les pâquerettes ? A tel point que d’un qu’un quelconque quidam élève le débat un tant soit peu, il est porté aux nues comme poète, voix de son temps, quant bien même ses textes ne recèleraient en soi qu’un intérêt quasi nul comparé au travail de n’importe quel écrivain digne de ce nom. C’est pour cela que dans le rock, avant tout, c’est la musique qui importe, l’énergie, les sentiments… mais pas les paroles. C’est pour ça qu’on peut se permettre d’écouter, encore et encore, 99% de cette production dont les paroles sont dégoulinantes de conneries. Car c’est important de se faire transporter par la musique, le seul langage commun à l’ensemble des habitants de cette planète (c’est bien la preuve que les paroles, du moins leur signification, n’ont guère d’importance).
C’est pour ça qu’on peut encore se permettre d’écrire ce papier et vous le proposer, pour partager ce sentiment universel : mais non, pas l’amour, le plaisir d’écouter la musique (mais bon dieu vous n’avez rien compris ?). Allez, tournez la page, ça commence !

  Jim Bee