Now she's gone like a shooting star

Now she's gone like a shooting star...

Le rock’n’roll est-il mort? Question récurrente s’il en est. On aime bien parler de cycles, de renaissance du phénix, mais mon sentiment est tout autre.

Le rock a explosé comme un énorme Big-Bang. A la différence de celui-ci, il y avait des prémices audibles. Je ne sais exactement quand eut lieu la déflagration originelle. Peut-être fut-ce ce passage d’Elvis au Ed Sullivan Show. Peut importe. Les énergies ainsi libérées s’assemblèrent en particules élémentaires, primordiales, s’éparpillant en tout sens en une formidable sarabande. Et primordiaux, ils le furent, tous ces groupes qui écrivirent les lettres de noblesse d’un courant nouveau qui s’empara de toute une génération pour former un mouvement non seulement musical, mais culturel à l’échelle de continents. Alors voilà, aujourd’hui, les remous encore ressentis à l’écoute de tel ou tel groupe semblent ridicules, certains essaient de s’enflammer comme au bon vieux temps, de recréer une véritable adhésion au rock. Evidemment, ça ne marche pas comme ça. Cela veut-il pour autant dire que le rock est mort ? Ca, non ! Comme notre bon vieil univers, qui s’étend inlassablement, infiniment, mais de plus en plus lentement, le phénomène rock prend des formes de plus en plus diverses et variées. Par ci par là, on voit tel ou tel mouvement qui nous semble une réminiscence des formations primordiales dont je parlais plus haut. Parfois, un étrange phénomène prend forme de façon inattendue. Bref, le phénomène poursuit son petit bonhomme de chemin. Jusqu’à la fin… Quelle fin ? On subodore que l’univers va de phase d’expansion en retour sur lui même, alors pourquoi le rock s’arrêterait-il un beau jour dans un immobilisme parfait ? Eh non, le rock ne s’arrête jamais, il y a toujours une étoile qui naît soudain et qu’on peut suivre. Comme le chantait si bien Sheila, « Comme les roi mages, en… » Heu, bon, passons.

Comme vous pouvez le pressentir maintenant, je vais me servir de cette superbe métaphore astrophysique pour enchaîner sur les stars du rock, étoiles du firmament ? Ben non, toute cette histoire commence à me faire chier. Car à la différence du Big-Bang, au sujet duquel nos chers scientifiques s’arrachent les cheveux, moi je peux remonter quand je veux, où je veux, dans l’échelle du temps, grâce à cette superbe machine qui se trouve en face de moi et qui vomit des décibels : ma chaîne. Celle-ci peut reproduire de magnifiques photographies de ce qui fut et pourvu que l’on veuille bien se prendre au jeu, nous voici revenus en arrière, fugacement, le temps d’un disque, aux grandes heures du rock, et l’on peut alors à nouveau palper l’énormité du rock. C’est vain, diront les mauvaises langues. Et ben, « Je vous emmerde et et je rentre à ma maison ». Là bas, il y a ma chaîne qui m’attend et qui me délivre un message autrement plus substantiel que ce qu’on pourra m’opposer comme argument.

« It’s been a shooting star tonight, and I thought of you ». C’est de qui, ça? Suffisamment impersonnel pour que vous ne trouviez pas. Et ben, si vous trouvez, écrivez moi et je vous offrirai le CD, un petit retour sur rock de 1989, par un vétéran. Et oui, même à cette époque là, il était pas mort (le rock, pas le vétéran!). Eh, ne blasphémez pas sur les vieilles icônes !
Bon, je m’arrête là, et si vous doutez encore, lisez un peu les colonnes qui suivent : si après ça, vous avez encore l’impression que le rock est mort, et bien, c’est qu’on ne vit pas dans la même galaxie. Dans la vôtre, effectivement, tout est peut-être mort et immobile et laissez moi pleurer un peu, entre deux disques magiques. « My dick in your face, motherfucker ». Quoi, quoi, il est mort, vous dites ?

  Jim Bee